Quand la rareté de certaines espèces peut causer leur extinction
« Plus une espèce animale ou végétale est rare, plus l’homme lui attribue de la valeur et peut entraîner son extinction ». Voilà la conclusion d’une étude réalisée par les chercheurs du laboratoire Ecologie, systématique et évolution du CNRS. Ce travail s’appuie au départ sur un phénomène naturel: l’effet « Allee ». Son principe : plus une population est grande, plus elle se reproduit et plus elle prospère, jusqu’à un certain point. À l’inverse, si la taille d’une population diminue, l’espèce ne parvient plus à survivre et à se reproduire, ce qui accroît de plus belle sa diminution, jusqu’à son extinction. Ce phénomène peut se produire tout à fait naturellement. Mais le laboratoire montre que l’Homme pourrait créer de toute pièce un effet « Allee » et ce même chez des espèces qui n’en souffriraient pas naturellement. Comment ? En attribuant de la rareté et donc de la valeur à certaines espèces rares. Les coûts d’exploitation sont contrebalancés par une demande importante, ce qui accroît leur rareté, donc leur valeur et leur exploitation. Ce cercle vicieux peut tout simplement mener à leur extinction. Plusieurs activités humaines peuvent générer ce processus : la chasse aux trophées (lions, tigres, rhinocéros), la commercialisation des produits de luxe (bois rares, œufs d’esturgeons, fourrures), la médecine traditionnelle, la mode pour les nouveaux animaux de compagnie (chinchillas, iguanes, serpents) ou encore l’écotourisme (observation d’espèces rares). À méditer.
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